Myu sweeties Vivre

A la manière de

22 avril 2015

A la manière de…

Parce que l’on s’inspire toujours des gens qui nous touchent, que l’on admire, qui nous font rêver, qui nous passionnent, qui nous fascinent… Nous avons nos préférences, nos exemples, nos héros personnels. Nous les envions, nous les chérissons, nous les adorons. Ils peuvent nous motiver, nous pousser à nous dépasser mais ils peuvent aussi masquer notre personnalité, de par notre désir si grand de leur ressembler.

Il faut qu’ils restent des inspirations, sans que nous cherchions à être eux en reniant la personne que nous sommes.

Comme tout le monde, j’ai mes favoris :

  • Monet, en peinture
  • Baudelaire, en poésie
  • Ludovico Einaudi, pour le piano
  • … Et bien d’autres encore, que ce soit des personnes connues ou inconnues du grand public, car nos modèles peuvent être des héros de la vie de tous les jours, qui ne sont pas médiatiques.

Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous écrire autrement, de vous écrire de façon plus littéraire. Je sais que peu de gens seront sensibles à cet écrit, et sûrement peu d’entre vous liront jusqu’au bout, mais pour moi, écrire d’autres choses, des choses différentes, c’est aussi une part de moi. Et j’ai aimé écrire comme ça, encore aujourd’hui, mais je le fais moins. Les études de psycho, ça n’aide pas forcément… Mais j’aime renouer quelquefois, avec ce temps révolu du lycée, où je m’épanouissais en série littéraire en écrivant de plein de manières différentes, sur plein de sujets d’invention. Alors aujourd’hui j’avais envie de partager ça avec vous, même si vous n’en comprendrez pas forcément l’intérêt. Mais moi je le vois, cet intérêt, et pour moi il est là.

Alors, je vous écris en inventant, je vous écris des morceaux de vie que mon esprit peut s’imaginer, dans des contrées éloignées, dans des mondes inexplorés, où il se plaît à vagabonder. Aujourd’hui, je vous écris dans un registre romantique, ma période fétiche de la littérature, à la manière d’un grand de l’art de la plume. A la manière de Chateaubriand !

*

Le clocher

« Les rayons bienveillants du soleil couchant, qui annonçait la fin d’un long hiver, vinrent réchauffer amicalement mon coeur, encore brumeux de ces journées mornes et tristes, les faisant enfin devenir des ombres dans mon esprit renaissant. Les fins de journée, je m’échappais sur ces collines aux mille trésors cachés, que mon âme s’amusait à découvrir, tel un nouveau-né découvrant le vaste monde. Je me laissais posséder par ce sentiment de liberté totale, par cette délectable euphorie irrépressible. Quelle douce extase m’apportait la vue de ce paysage d’antan, mon petit village d’enfance, bordé par ses sommets l’entourant tels des géants, esprits gardiens de ces lieux intacts et épargnés par la folie des hommes. Le charmant clocher perdu au milieu de ces petites chaumières encore fumantes, adoucissait mes troubles lorsque mon regard attendri se posait sur lui. Les échos des puissants torrents, au loin, s’écoulaient en moi avec force, ravivant la flamme de mes désirs les plus fous. Le chant de l’aigle qui traversait avec majesté le ciel, en jouant aux ombres chinoises avec les rayons du soleil, me parvenait comme une invitation à un céleste voyage. Les senteurs de la nature encore drapée d’une bruine hivernale aiguisaient tous me sens.

Comment décrire ce que je ressentais dans ces moments solitaires où une multitude de sensations éphémères, fugaces, volatiles et pourtant interminables, infinies et éternelles, se précipitaient dans mon âme délicieusement éperdue, lors de ces excursions devenues indispensables ? J’aurais voulu peindre cette rêverie de l’âme, mais hélas ! rien ni personne ne pourrait parvenir à la dérober et à la retranscrire sur un vulgaire morceau de parchemin.

Je me surprenais parfois à m’élancer dans une course effrénée dans les monts, aspirant le goût de la vie avec ivresse, comme si le temps m’était compté. Je dévalais les flancs de ces monstres endormis, je gravissais leurs échines capricieuses, puis après, lorsque mes forces devenaient infidèles, je m’échouais sur le flanc de notre terre maternelle, ne respirant plus, et pourtant me sentant plus vivante que jamais. Un sourire béat aux lèvres, je n’aurais su décrire avec certitude mon état, qui était proche d’un nirvana tellurien. Étendue dans l’herbe émeraude, je regardais les rayons batifoler parmi les nuages en déployant leurs grandes ailes d’ivoire. Dans les cieux commençaient à scintiller les premières âmes lumineuses de nos ancêtres. Bientôt, la Nuit borderait cet onirique petit vallon de son ravissant voile sombre et mélancolique, et son oeil éblouissant nous protégerait pendant nos lointains voyages mystiques, méconnus de notre raison.

Pourtant, malgré le havre de paix qu’était ce lieu idyllique, un profond abîme continuait à m’habiter. Ô douloureux manque ! Ô flamme idéale jamais avivée ! Dois-tu me faire souffrir en silence encore longtemps ? Vois-tu à quoi j’en suis réduite ? Chaque soir, je parle à l’aquilon pour qu’il emporte dans son souffle tourmenté les intolérables supplices qui aspirent mon ardeur. Chaque soir, je me confie aux astres pour dévoiler le manque cruel qui me dévore le cœur. Chaque soir, mon âme pousse vers le ciel de longs et pénibles cris d’agonie silencieux, dus à l’insatisfait désir qui la hante.

Malgré tout, cette souffrance lancinante n’est pas sans quelques charmes. Ma passion est animée de folles espérances et de désirs ardents, auxquels seul l’inconnu répond. Mes nuits sont bercées par des rêves exaltants. Il me fallait peu de choses pour que je me complaise dans ma rêverie. Deux oiseaux s’enlaçant dans le ciel, tels deux amoureux dans la fougue des premiers jours. Le murmure du vent m’apportant les chants des muses d’un autre temps. Les gouttes de rosée perlant sur les bourgeons fleurissants du matin. Les rayons timides d’une aurore naissante derrière les cimes infinies des conifères majestueux, rois des forêts. Le chuchotis frénétique des rivières, sillonnant la vallée, éprises de tumultueuses aventures… Et la douce apparition du clocher solitaire de notre petit village, perçant la triste brume matinale, de son aiguillon éternel. »

A Chateaubriand et son écrit « René », qui m’aura émue aux larmes, tant j’ai pu voir se refléter dans ses mots une partie de moi-même, une partie de mon âme…

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8 Comments

  • Reply Marion Paillettes 22 avril 2015 at 19 h 50 min

    C’est juste sublime … Pendant l’espace d’un instant je me suis évadée loin au milieu de ce village puis allongée sur cette herbe verte … Tu devrais sincèrement penser à écrire bien plus … ♥️

    • Reply Melle Myu 22 avril 2015 at 20 h 22 min

      Merci ma wedding, ça ne pouvait pas me faire plus plaisir que de recevoir un si beau commentaire… Ca me touche énormément ♥
      Je suis ravie que cela t’ai permis de t’évader un instant, dans ce bel endroit ! C’est ce qu’on appelle les « lieux sûres » ou « ressources » en psychologie, des endroits où peut se réfugier pour souffler un peu.

      Et oui je rêverai d’écrire « plus », d’écrire un livre. Mais je n’en ai pas encore le temps, ni la force, parce qu’il faut du courage pour un tel projet. Mais qui sait, un jour, je l’écrirais… Un rêve qui deviendra peut-être réalité ♥

  • Reply jessica 22 avril 2015 at 21 h 57 min

    Slt ma beauté
    comment te dire ???? Il m’en manqueeeeeeeee, je m’explique, j’ai eu du mal a entrer dans un 1er temps car j’ai eu l’impression d’avoir loupé un morceau, mais après un vrai régal tout comme marion j’ai voyagé. Je ne te savais pas écrivain et encore moins « proche » de chateaubriand.

    En tout cas merci car tu m’as presque réconcilié avec la littérature, manque de temps; Toutefois je suis preneuse si tu en ecris un peu plus

    Plein de bisous ma chérie

    Jess

    • Reply Melle Myu 26 avril 2015 at 19 h 59 min

      Merci beaucoup pour ce joli message ma Jess ! Je suis heureuse d’avoir pu te réconcilier un peu avec la littérature et d’avoir pu te faire voyager ! 🙂
      Pas de souci, j’espère être capable d’en réécrire d’autres comme ça et je ferai tout pour, en espérant que tu seras encore au rendez-vous <3

      Plein plein de gros bisous !

      • Reply jessica 24 avril 2016 at 21 h 50 min

        toujours là ma belle, certes un peu longue à la detente, tres longue même

        • Reply Melle Myu 24 avril 2016 at 22 h 22 min

          Ne t’inquiète pas, ce n’est vraiment pas grave, chacun fait à son rythme. Merci encore d’être là ! 🙂

  • Reply ade 23 avril 2015 at 13 h 26 min

    Coucou ma belle, je suis venue me replonger un peu dans ton blog, et je dois dire que j’aime beaucoup cet article. Tout comme tes amies je m y croyais, je me suis vue avec toi sur la colline derrière chez tes parents a contempler ton village, comme on l avait fait pendant nos années lycée !
    Tu me manques tellement, ici je me suis sentie un peu avec toi a nouveau ! <3
    Des bisous ma douce, et a bientôt !

    • Reply Melle Myu 26 avril 2015 at 20 h 04 min

      Ma fille,
      Merci pour ce très joli message qui m’a beaucoup touchée <3
      Oh c'est un joli souvenir que tu viens d'évoquer et ça me rappelle des bons moments avec toi...
      Toi aussi tu me manques ma douce, beaucoup et je suis contente que tu aies pu te sentir à nouveau avec moi à travers cet article.
      J'espère te revoir très vite et je t'embrasse fort <3

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